La fatigue

Les Mots d'Alice · Corps

Hamac sous la pluie tropicale, repos lourd et lenteur

Il y a la fatigue d'une journée, et puis il y a l'autre. Celle qui ne part pas après une nuit. Celle qu'on porte au réveil, avant même d'avoir commencé.

Longtemps, j'ai cru qu'il suffisait de dormir plus. J'ai essayé. Le corps restait lourd. Ce n'était pas une question d'heures.

Cette fatigue-là n'est pas de la paresse. Elle ne se soigne pas avec de la volonté. Elle vient dire quelque chose que les mots n'ont pas encore trouvé : que l'on tient depuis trop longtemps, que le corps ne se sent plus tout à fait en sécurité, qu'il attend qu'on l'écoute autrement.

On peut passer des années à la combattre. On peut aussi, un jour, s'asseoir et lui demander ce qu'elle protège.

Je ne sais pas toujours la réponse. Mais depuis que je ne lui en veux plus, elle pèse un peu moins.