Une terrasse en bois, après la pluie
Après l'averse

La pluie vient de s'arrêter.
Elle est tombée d'un coup, comme souvent ici, en tambourinant sur les feuilles et sur le toit, et puis elle s'est tue aussi vite qu'elle était venue. Maintenant tout goutte. Le bois de la terrasse est sombre, presque noir par endroits, et il fume un peu là où le soleil revient le toucher.
Je suis assise dehors. Un verre d'eau à côté de moi, un carnet que je n'ouvre pas. Je ne cherche rien. C'est rare, et je le sais.
L'odeur monte de partout. Cette odeur de terre mouillée, de végétation chaude, de bois humide qui sèche. Une odeur qui n'existe qu'après la pluie, et qui ne dure pas. Dans une heure, elle aura disparu. Alors je reste, et je respire.
Les oiseaux reviennent. D'abord un, prudent, puis deux, puis tout un désordre de chants quelque part dans les arbres. Comme si le monde reprenait sa conversation après une interruption polie.
Une goutte tombe de la rambarde. Puis une autre, plus loin. Je les écoute sans les compter.
Il y a des moments où il n'y a rien à comprendre. Rien à régler, rien à décider. Juste une terrasse qui sèche, un verre d'eau, et le corps qui, sans qu'on lui demande, finit par redescendre lui aussi.
Je ne vous écris pas pour vous dire quelque chose, aujourd'hui. Seulement pour partager cette terrasse avec vous, un instant.
Quelque part, là où vous êtes, il y a peut-être aussi un endroit qui sèche doucement au soleil.
Alice
NOMAD SILVER
Ralentir · Voyager · Respirer
Le monde pour seul salon.
Pour prolonger, à votre rythme : les derniers textes d'Alice — et, si vous ne l'avez pas encore ouvert, le petit carnet offert pour commencer à redescendre.
