Ce dont vous avez besoin n'est peut-être pas le grand large
La semaine dernière, je suis entrée dans un canyon, en Guadeloupe, du côté de Petit-Bourg. Une gorge étroite, des parois de roche sombre, une eau claire qui court tout en bas. On y accède par un sentier court, sous la forêt, et puis, d'un coup, l'espace se referme.
Je m'attendais à ressentir de l'oppression. C'est le contraire qui est arrivé. À mesure que les parois se rapprochaient, quelque chose en moi s'est desserré. Le monde, dehors, ne m'atteignait plus de la même façon.
J'ai mis du temps à comprendre pourquoi. J'ai longtemps cru que le calme se trouvait dans les grands espaces — l'horizon, la mer, le ciel ouvert. Que respirer, c'était toujours s'étendre. Ce canyon m'a appris autre chose : parfois, ce n'est pas de grand large dont le corps a besoin, mais d'un abri.
Je crois que c'est vrai aussi pour les semaines qu'on traverse. Il y a des moments pour ouvrir grand — voyager, avancer, regarder loin. Et il y a des moments pour se refermer un peu, se mettre à l'abri, laisser les parois nous tenir le temps de reprendre son souffle. Aucun des deux n'est meilleur que l'autre. Le corps sait, en général, de quoi il a besoin — s'il veut bien qu'on s'arrête pour l'écouter.
C'est un peu le fil de ce que j'ai écrit ces derniers jours. Deux nouveaux chemins sont venus rejoindre Les chemins du calme nerveux : l'un sur l'eau, ce pouvoir tranquille qu'elle a d'aider le corps à redescendre ; l'autre sur la respiration, et sur cette idée un peu à contre-courant qu'on nous répète de « respirer profondément » — alors que forcer sa respiration peut parfois faire l'inverse de ce qu'on cherche, et tendre au lieu d'apaiser.
Et puis il y a eu ce texte sur la périménopause et la fatigue, pour celles à qui l'on répond trop souvent que c'est « normal pour leur âge » — alors que cette fatigue-là mérite d'être comprise, pas balayée.
« Parfois, on n'a pas besoin du grand large, mais d'un abri. »
Si l'un de ces chemins vous appelle aujourd'hui, il est là, à votre rythme, sans ordre à respecter.
Et si aucun ne vous appelle, ce n'est pas grave non plus. Vous pouvez simplement fermer cette page, et retrouver, vous aussi, votre abri du jour — quel qu'il soit.
À bientôt, lentement.
Alice
NOMAD SILVER — Ralentir. Voyager. Respirer. · Le monde pour seul salon.
